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06 janvier 2014

Chacun a une idée claire de ce que coûte sa banque


Entretien avec Pierre Bocquet, Directeur banque de détail et banque à distance de la FBF dans l'émission "La quotidienne" diffusée le 17 décembre sur France 5. L'occasion de rappeler que, depuis plus de 10 ans, les frais bancaires évoluent moins vite que l'inflation générale mais aussi que l'inflation des services (source INSEE).

 

Pouvez-vous nous expliquer ce que sont les frais bancaires ?

Je préfère que nous parlions des tarifs des services bancaires. En effet, ces prix correspondent à des produits ou à des services utilisés par les clients des banques dans trois grandes familles :

  • La banque au quotidien,
  • Les placements et l'épargne,
  • Les crédits, le financement de projets.

Pour les opérations de banque de détail, les banques ont décidé en 2010 d'harmoniser les plaquettes tarifaires selon un sommaire type unique. C'est à ma connaissance le seul secteur d'activité qui ait fait de tels efforts de transparence et d'harmonisation. Les termes des principales opérations courantes ont également été harmonisés.

Chacun a une idée claire de ce qui lui coûte sa banque grâce au récapitulatif annuel de frais qu'il reçoit en janvier. C'est mieux qu'un panier moyen, c'est du réel.

Qu'est-ce que le juste prix d'un service ?

Pour parler du poids de ces services dans le budget des ménages, il faut rappeler qu'en moyenne, ils représentent 0,6 % de leurs dépenses selon l'INSEE, ce qui n'est donc pas fondamental dans leur équilibre budgétaire. Et depuis plus de 10 ans, l'INSEE constate aussi que les tarifs bancaires évoluent moins vite que l'inflation générale mais aussi que l'inflation des services.

Le juste prix est celui qui permet :

  • De payer le coût direct du service ou du produit fourni,
  • De payer une partie de la structure (agences, aspects administratifs et informatiques, gestion, salaires, taxes et impôts, conformité à la loi...),
  • De dégager une marge (pour pouvoir notamment réaliser des investissements en matière d'innovation, de sécurité, de développement).

Il existe des produits ou des services bancaires que la banque n'a pas le droit de faire payer, par exemple les espèces, qui coutent 3 milliards d'euros aux banques chaque année. Même chose avec le chèque qui est gratuit pour le client. Pour autant, cela ne veut pas dire que ces produits ou services n'ont pas de coût. Pour les banques, de plus en plus de tarifs sont encadrés par la loi ou la réglementation sans lien avec la réalité économique.

Les packages rendent-ils la tarification difficile à lire ?

Les offres groupées de services se trouvent dans une rubrique dédiée du sommaire des plaquettes tarifaires. Tous les produits et services sont également disponibles à la carte. D'ailleurs, plus de la moitié des Français n'ont pas de package. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'on peut changer à tout moment, on n'est pas lié par une offre groupée de services bancaires pour une durée fixe ou minimum. Il faut donc avertir sa banque si on préfère, en fonction de ses besoins, de ses usages, revenir à des services payés individuellement, et faire jouer la concurrence.

Quelle a été l'évolution des prix des services bancaires ces dernières années ?

L'évolution des prix des produits et services bancaires est suivie en France par l'INSEE et l'Observatoire des Tarifs Bancaires du CCSF. Depuis + de 10 ans, l'évolution des tarifs bancaires est inférieure à l'inflation générale mais aussi à l'inflation des services.

Parallèlement, les attentes des consommateurs évoluent. Ils veulent disposer d'une banque partout et à tout moment. Une banque qui soit accessible sur tous les nouveaux supports numériques tout en conservant l'agence bancaire de proximité. Le dernier sondage IFOP sur l'image des banques révélait ainsi que les Français sont attachés au modèle de banque "avec conseiller attitré qui vous suit personnellement" (2 personnes sur 3). En matière de paiements, les clients des banques attendent plus de mobilité, de pouvoir payer à distance, sans qu'il n'y ait jamais d'impact sur la sécurité. Cela demande des banques qu'elles investissent constamment dans l'innovation et la sécurité.

Quelle utilité / impact du plafonnement des commissions d'intervention pour tous les Français, qui entrera en vigueur en janvier ?

Le plafonnement des commissions d'intervention aura un impact important d'autant plus qu'une partie de la mesure touche l'ensemble de la population. On comprend l'intention notamment pour les populations les plus fragiles ; néanmoins, il existe déjà dans chaque banque des services et moyens de paiement pour éviter les incidents, ce qui devrait être l'objectif le plus important. En effet, dès 2005, les banques ont mis en place la GPA - Gamme de moyens de paiements alternatifs au chèque qui permettait de mieux maîtriser son budget, notamment par l'utilisation de la carte à autorisation systématique. La GPA a d'ailleurs fourni un socle pour la définition de l'offre dédiée pour les populations en situation de fragilité financière, qui doit être proposée dès 2014 dans le cadre de la mise en oeuvre de la loi bancaire de juillet 2013.

 
 
 
 
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