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11 janvier 2012

Frédéric Oudéa : « L'objectif essentiel de 2012, c'est d'arriver à restaurer la confiance dans la zone euro »

Frédéric Oudéa, Président-directeur général de la Société Générale et Président de la Fédération Bancaire Française, était l'invité de Luc Evrard mardi 10 janvier 2012 sur Europe 1.

 

LUC EVRARD

"On voit bien quand même qu'il y a derrière ça la volonté [du politique] de faire payer les banques, de les désigner à la vindicte populaire comme responsables de la crise. Vous réfutez cette accusation ?


FREDERIC OUDEA

Je crois qu'il faudrait que l'on arrive effectivement à sortir, en tout cas, de cette logique un peu simpliste. On a une crise qui nous concerne tous, on est tous concernés, c'est la crise de la zone euro, c'est une crise de confiance, dans le système, dans nos économies. Nous, banques, avons un rôle clef à jouer, et nous en sommes conscients : c'est le financement de l'économie.

Pour éviter que, à la conjoncture médiocre, s'ajoutent des problèmes de financement, nous, banques, disons : la crise que l'on a connue est une crise des économies développées, oui, il y a trop d'endettement, oui, on en a tiré les leçons, et cela fait trois ans que l'on se transforme. Sortons toutefois d'une logique de bouc émissaire, et trouvons ensemble des solutions.

(...) Je crois qu'il ne faut pas dire c'est les uns, les autres. Nous sommes désormais, face à ce problème de confiance de la zone euro, tous concernés : comment avoir de la croissance en Europe, comment financer les économies, c'est ça la priorité. Evidemment, nous, banques, avons un rôle clef à jouer, mais ce que nous disons simplement : attention à ne pas nous mettre sur le dos une somme de contraintes telles qu'on n'y arrive pas.


LUC EVRARD

Si en lieu et place de la taxe Tobin [sur les transactions financières] en question, on se contentait, comme la rumeur en cours d'ailleurs, de rétablir l'impôt de Bourse (...) ?


FREDERIC OUDEA

Là on change potentiellement de logique, et on peut toujours se dire : il y a un segment d'activité à taxer. Moi, ce que je voulais simplement aussi rappeler, c'est que cette taxe [sur les transactions financières] concerne tout le monde. Si je regarde juste en tout cas le secteur bancaire, nous avons déjà eu beaucoup plus d'impôts nouveaux, il n'y a pas deux ans, on nous a créé une taxe systémique, qui va rapporter à l'Etat près de 500 millions d'euros, et potentiellement, presque un milliard d'euros en 2013. Nous avons été le seul secteur qui a souffert finalement de la réforme de la taxe professionnelle.

Je crois qu'il faut simplement, en matière d'impôts, être modéré et se dire : la priorité pour le secteur financier français, c'est le financement des économies. Je pense qu'il ne faut pas trop alourdir la barque.


LUC EVRARD

La question qui se pose, c'est de savoir si ce que vous affirmez [sur la confiance et le financement de l'économie] et qu'on a effectivement pu vérifier en 2009-2010-2011 va se poursuivre en 2012 ?


FREDERIC OUDEA

Sur la signature d'un certain nombre d'Etats, avec des Etats qui apparaissent comme des Etats refuges, je crois que l'objectif essentiel de 2012, c'est d'arriver à restaurer la confiance dans la zone euro.

C'est de se dire : comment dans les six prochains mois, on réussit en réglant le sujet grec, en assurant le financement des économies, en montrant que l'économie européenne ne se portera pas si mal que certains cassandres le disent.

Et je le répète aux chefs d'entreprise français : ne différez pas vos projets d'investissement en craignant de ne pas avoir accès au crédit, nous vous financerons.

Troisièmement, en faisant en sorte que chaque Etat prenne les mesures adaptées à sa situation pour convaincre les marchés de lui prêter.

Enfin, de mettre en place les mécanismes européens prévus pour le milieu d'année.

Je crois que si on a tous ces ingrédients-là, on peut espérer, à partir de la mi-2012, commencer à réinstaurer... restaurer la confiance. Pour l'instant, on reste dans un climat d'incertitudes, il ne faut pas y faire trop attention, si on travaille dans le dur, on réussira."

 
 
 
 
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