Accueil Espace presse Interventions de la FBF L'épargne des Français finance l'économie française  
 
 
 

Infos  

 
16 juillet 2012

L'épargne des Français finance l'économie française

Retrouvez les extraits de l'interview de Frédéric Oudéa, Président de la FBF, dans La Croix.

 

Comment vont les banques françaises ?

Les banques sont dépendantes de la situation des Etats et la crise de la zone euro les affecte directement. Dans ce contexte, le système bancaire français a prouvé sa capacité à s'adapter et à tenir bon en dépit des incertitudes, sans rien coûter au contribuable. Les banques françaises seront en conformité avec les nouvelles règles prudentielles, dites de Bâle III, qui exigent une forte augmentation des fonds propres à partir de janvier 2013. Elles ont montré qu'elles étaient capables d'atteindre ces objectifs par leurs propres forces, tout en continuant à financer l'économie[...]. Cette résilience est un véritable atout pour la France, qui a vu le crédit aux entreprises croître de 2,8 % entre mai 2011 et mai 2012, contre 1,9 % en Allemagne, -0,5 % en Italie, -6,5 % en Espagne et + 0,1 % en moyenne sur la zone euro.

Les banques peuvent-elles faire plus aujourd’hui, alors que les signes de ralentissement économique se multiplient ?

Nous restons bien sûr mobilisés, mais on constate un certain attentisme dans les projets d'investissements, ce qui est normal dans un tel contexte d'incertitude. Les banques ne peuvent pas non plus résoudre les problèmes de compétitivité structurelle des entreprises. [...]

Ces nouvelles règles prudentielles vont-elles freiner la distribution du crédit bancaire ?

[...] Les banques pourront continuer à financer les PME et les particuliers. Mais il faut pour cela, que les banques françaises aient suffisamment de dépôts dans leurs bilans. Aujourd'hui le total des crédits à l'économie s'élève à 1920 milliards d'euros pour seulement 1500 milliards de dépôts. Pas un centime de l'épargne des Français ne finance donc autre chose que l'économie française. [...] La nouvelle réglementation impose aux banques d'avoir plus de dépôts et change en profondeur le modèle actuel.

Que pensez-vous dans ce contexte du projet du gouvernement de doubler le plafond du plafond du Livret A ?

Cette idée ne me parait pas cohérente avec une stratégie d'allocation de l'épargne privilégiant les financements longs aux entreprises. Les fonds du Livret A, dépôts très liquides qui ne restent pas pour l'essentiel dans le bilan des banques, ne sont pas destinés aux entreprises.

Craignez-vous la concurrence de la future banque publique d’investissement ?

Tout dépendra de ses missions. Une intervention publique en matière de renforcement dans le capital des PME - avec une logique économique à la clé, à l'image de l'action du FSI - ou de cofinancement et garantie partielle en matière de crédit, est compréhensible. [...] La vraie priorité demeure de permettre aux entreprises de restaurer leurs marges et leur capacité d'autofinancement.

Le gouvernement envisage aussi de séparer la banque de détail de la d’investissement…

En termes de développement économique et de souveraineté de la zone euro, il est fondamental d'avoir des acteurs de la zone euro qui soient forts sur les marchés de capitaux. Une séparation pure et simple des activités de dépôts et d'investissement reviendrait à supprimer le modèle français de banque universelle qui a prouvé sa résistance. Mieux vaut le maintenir, tout en s'assurant qu'il n'y a pas de risques pris sur les marchés qui soient déconnectés des besoins de l'économie. Nous sommes prêts à y travailler avec le gouvernement pour voir comment décliner cette idée, renforcer les contrôles, interdire telle ou telle activité ou encore encadrer la prise de risque. Nous devons privilégier collectivement le dialogue et le pragmatisme.

Avez-vous encore des doutes sur l’avenir de la zone euro ?

Le seul scénario réaliste est que la zone euro se maintienne, ne serait-ce que parce qu'un démantèlement aurait un coût économique, politique et financier gigantesque et personne n'y gagnerait. [...] Aujourd'hui l'enjeu est de relancer une zone euro dynamique, attractive pour les investisseurs étrangers, qui tire profit de ses 350 millions d'habitants et qui crée des emplois. Il faut pour cela encore travailler à rétablir la confiance des investisseurs. [...]

 
 
 
 
Retour haut de page