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22 décembre 2012

Ne pas surcharger les acteurs économiques qui peuvent accompagner la croissance

Jean-Paul Chifflet, président de la FBF, était l'invité de l'émission "On n'arrête pas l'éco" sur France Inter le samedi 22 décembre 2012.

 

Alexandra Bensaid

[...] Cette semaine, présentation du projet de loi de réforme bancaire, quand on lit le communiqué de presse de la FEDERATION, pas de grands cris, on se dit que finalement, les observateurs ont raison, vous avez été plutôt soulagé de voir le texte de cette réforme !

Jean-Paul Chifflet

Je crois qu'on peut considérer que l'économie est malade, elle ne va pas très bien en Europe, en zone euro et en France. Et les acteurs que sont les banquiers que je représente à ce micro sont bien entendu préoccupés par ce qui leur arrivent, et que tout ce qu'ils souhaitent c'est participer à la croissance économique, contribuer aux emplois de demain et au développement, à l'investissement, donc c'est bien ça le cadre. Et nous avons à plusieurs reprises des règlements qui nous arrivent, on en abordera peut-être quelques-uns, [...] attention sur une économie malade de ne pas handicaper, alourdir, freiner les acteurs qui peuvent accompagner cette économie. Et voilà pourquoi je dis que cette loi, qui a des inconvénients pour les banquiers, nous ne la souhaitons pas, je trouve qu'elle n'arrive pas au bon moment parce que regardez ! Les Américains ont dit ces derniers temps qu'ils trouvaient que l'économie était malade et qu'ils reportaient sine die tous les règlements sur les banques. Et nous en France... non seulement en Europe, on continue de les tenir mais on en rajoute une, et je trouve qu'elle n'arrive pas au bon moment et elle limite l'activité et l'action des banques et leur rentabilité. Et je ne voudrais pas que cet inconvénient limite notre ardeur à accompagner la croissance économique de notre pays. [...]

Alexandra Bensaid

Et il y a la question de fond, la question qui est : et s'il y a une faillite, qui paie ? Et là également, il y a du changement. Ce qu'on a compris du texte, c'est que s'il y avait un problème avec une banque, on allait s'adresser désormais aux actionnaires, pour une certaine partie aux créanciers et peut-être même faire appel à la solidarité de toutes les autres banques.

Jean-Paul Chifflet

Oui, c'est dans le texte français, c'est ce qui nous pose d'ailleurs quelques préoccupations, parce qu'une fois qu'on aura fait ce texte en France en avant-gardiste, celui-ci peut servir comme élément pour les banques en Europe, en zone euro. Et à la suite de cela, cela signifiera que s'il y a des difficultés dans les banques espagnoles ou autres pays, les banques françaises pourraient être amenées à verser leur obole, et donc nous aurions un glissement. Alors certes, on dit " c'est les banques, ce n'est pas nous ", mais au bout et au total c'est l'économie qui en pâtira et l'ensemble des Etats et des partenaires. Donc là, il y a un vrai sujet de résolution, jusqu'où nous allons et est-ce que ce système d'organisation du système bancaire, qui va de plus être intégré dans l'Union bancaire, vous voyez qu'il y a beaucoup de textes qui s'alignent et qui s'empilent. Je dis : attention, prenons garde et je dis aux parlementaires qui vont être amenés à se pencher sur ce sujet, regardez de très près les conséquences de vos décisions, parce qu'immédiatement on va se faire plaisir, mais il ne faudra pas s'étonner dans 5 ans, 7 ans, 8 ans, 9 ans, 10 ans que nous ayons du mal à accompagner la croissance économique, et qui me semble indispensable aujourd'hui. Il faut savoir aujourd'hui décider pour les années qui viennent.

[...]

On ne l'a peut-être pas constaté mais il y a énormément de règles qui se sont mises en oeuvre, les Britanniques et les Américains ont compris que l'économie était malade et qu'il ne fallait pas ralentir ; et nous disons nous les banques françaises : faisons attention de ne pas surcharger, de ne pas ralentir les acteurs économiques qui peuvent accompagner celle-ci au détriment de sa croissance.

Alexandra Bensaid

Et en même temps, vous avez - vous les banques - un problème de confiance, on a vu que vous faisiez une campagne de publicité pour redonner confiance aux clients. Il faut bien aussi montrer que...

Jean-Paul Chifflet

Bien sûr, mais c'est évident qu'on a souffert beaucoup en termes d'image, je suis bien d'accord : les vilains banquiers, vous ne faites que des sottises, vous ne faites rien de bien, rien de bon, il faut vous encadrer, etc., on l'entend, on est conscients de cela, nous sommes prêts à l'accepter, nous sommes prêts à accepter ces nouvelles règles. Ce que nous disons simplement : attention au temps, de le faire sur un corps malade, attention de ne pas donner n'importe quel traitement. Voilà, nous sommes convaincus que dans la durée, il faut le faire, c'est le tempo qui est différent et c'est sur ce point là que je voudrais insister.

Alexandra Bensaid

Et alors quel serait le bon tempo, on ne va pas attendre les Américains ! [...]

Jean-Paul Chifflet

Si vous n'attendez pas les Américains ni les Anglais, faisons-le tout de suite mais ne nous étonnons pas que la crise économique soit empirée par cette position, il ne faudra pas être surpris.

 
 
 
 
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