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23 mai 2012

"Nous sommes tous engagés collectivement dans la croissance dans notre pays"

Retrouvez les extraits de l'intervention de Frédéric Oudéa sur Europe 1 dans l'interview politique de Jean-Pierre Elkabbach.

 

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JEAN-PIERRE ELKABBACH

On évoque la sortie de la Grèce de la Zone Euro à cause de la fuite des capitaux et sans doute de l'instabilité politique en Grèce, est-ce que les banques françaises se préparent à cette sortie de l'Euro ?

FREDERIC OUDEA

D'abord le scénario qu'il faut privilégier c'est un maintien de la Grèce dans la Zone Euro, c'est un scénario qui est le meilleur pour tout le monde. Bon ! Maintenant, on ne sait jamais, il y a un vote et au fond les Grecs seront amenés à dire : est-ce que, oui ou non, on est prêts à continuer à faire des efforts pour rester dans la Zone Euro ? Et donc, dans ce cas là, c'est un scénario de sortie et qui serait évidemment désagréable mais parfaitement gérable par les banques françaises.


JEAN-PIERRE ELKABBACH

Eh bien c'est justement cette phrase que vous avez prononcée hier devant les actionnaires qui m'a frappé, parce que vous ne dites pas : comment éviter la sortie de l'Euro mais comment éviter un risque de contagion de la sortie de l'Euro et que c'est un scénario gérable... [ ...]

FREDERIC OUDEA

Du point de vue financier, qui pèserait d'ailleurs plus sur les contribuables Européens qui ont déjà prêté effectivement à la Grèce, serait gérable si vous voulez, mais le vrai sujet c'est ensuite comment convaincre la communauté internationale - qui nous prête chaque jour à nous Européens - que, après la Grèce, il n'y aura pas d'autres pays. Et pourquoi c'est important de les convaincre de cela ? C'est parce qu'il faut qu'on arrive à emprunter le moins cher possible sur les marchés et le problème c'est que pour l'investisseur Asiatique et Américain il faut arriver à le convaincre que, si aujourd'hui il nous prête en Euro, demain il sera remboursé en Euro.


JEAN-PIERRE ELKABBACH

Mais vous n'avez pas peur que la Grèce sorte de la Zone Euro ?

FRÉDÉRIC OUDEA

Je n'ai pas peur au sens où ce serait gérable - et notamment pour la Société Générale bien sûr et pour l'ensemble du secteur financier - je dis simplement que, derrière, il y aurait des conséquences graves sur la Zone Euro qu'il faudrait absolument compenser.


JEAN-PIERRE ELKABBACH

Et combien coûte déjà la Grèce, par exemple, à la Société Générale ?

FRÉDÉRIC OUDEA

Eh bien la Grèce, nous avons une toute petite exposition maintenant, qui nous coûte à peu près moins de 100 millions d'euros par trimestre, donc c'est complètement gérable... [ ...]


JEAN-PIERRE ELKABBACH

Et alors... et toutes les banques françaises, selon Le Canard enchaîné de ce matin les pertes devraient atteindre 20 milliards d'euros, est-ce que ce montant est correct ? [ ...]

FREDERIC OUDEA

C'est un chiffre qui me parait tout à fait farfelu !


JEAN-PIERRE ELKABBACH

Est-ce que vous êtes inquiet pour les banques françaises, honnêtement ?

FREDERIC OUDEA

Je ne suis pas du tout inquiet pour les banques françaises ! Les banques françaises ne cessent d'accumuler du capital, elles sont plus solides que jamais et peuvent faire face à ce type de scénario. Moi je suis maintenant inquiet au fond pour... au-delà, politiquement, vis-à-vis de la Zone Euro, il faut arriver une nouvelle fois à convaincre le reste du monde que nous avons ensemble envie de continuer à construire cette Zone Euro.


JEAN-PIERRE ELKABBACH

C'est ce que vont sans doute faire à Bruxelles ce soir les 27 Européens qui dînent ensemble pour trouver des solutions adéquates et qui maintiennent la Grèce dans la Zone Euro. A quoi s'engagent les banques?

FREDERIC OUDEA

Notre rôle, à nous banques françaises, dans la croissance c'est de continuer à financer l'économie françaises. Ca fait maintenant 3 ans que nous faisons mieux que partout en Europe avec une augmentation année après année des crédits à l'économie française... [ ...]
Fin mars 2012, les prêts à l'économie française ont augmenté de 4% par rapport à fin mars 2011...


JEAN-PIERRE ELKABBACH

C'est insuffisant !

FREDERIC OUDEA

Attendez ! A 4% par rapport à une croissance de 0,5. Soyons clairs, attention la croissance ne peut pas venir par beaucoup plus de dette, au contraire tout le monde sait qu'il faut réduire la dette... Bon ! Et il faut continuer à alimenter l'économie française mais à un rythme qui soit soutenable, il faut faire du crédit responsable, parce que sinon dans 5 ou 10 ans on aura en France ce qu'on voit aujourd'hui en Espagne. [ ...]

Il faut continuer à financer l'économie française de manière responsable et orienter en tout cas l'épargne des Français vers les entreprises qui créent des emplois. [ ...]

Ah ! Alors il fait - et ça c'est un enjeu clé pour le nouveau gouvernement - que l'épargne des Français aille le plus possible vers les entreprises qui créent des emplois, qui ont besoin d'investir, ça cela veut dire qu'il faut privilégier l'épargne longue en action et aussi dans les bilans bancaires qui vont ensuite financer le crédit.


JEAN-PIERRE ELKABBACH

Mais vous savez, Frédéric OUDEA, qu'il y a beaucoup d'entreprises, les PME, qui souffrent et dans l'immobilier aussi. Par exemple la Banque Centrale Européenne a versé 1.000 milliards d'euros en 2 temps pour stimuler l'économie réelle, toutes les banques en profitent, mais il leur est reproché d'emprunter à des taux bas (1%) et de prêter à des taux plus élevés (4%), que font les banques et la vôtre de l'argent de la BCE ?

FREDERIC OUDEA

Eh bien nous prêtons ! Alors d'abord sur ce débat le surplus net, le surplus net n'est que de 500 milliards - et ça c'est à comparer à 10.000 milliards de prêt fait au niveau européen par l'ensemble du système bancaire européen - donc vous voyez que ce n'est que 5% de plus, et, comme je l'ai dit, nous banques françaises, nous ne cessons d'augmenter nos crédits à l'économie française. [ ...]

JEAN-PIERRE ELKABBACH

2 questions très rapides ! Messieurs HOLLANDE et AYRAULT ont promis de séparer les activités des banques de dépôts et d'affaires, il y a une loi bancaire qui est en préparation, comment vous la prenez ? Est-ce que vous l'acceptez et combien de temps les banques françaises pourraient-elles réaliser cette séparation ?

FRÉDÉRIC OUDEA

Nous l'avons dit aux équipes des différents candidats : nous sommes prêts bien entendu à discuter pour renforcer encore la sécurité du système bancaire, premier point ; Deuxième point, toute évolution à mon avis doit se faire dans un cadre européen et il y a aujourd'hui un groupe de travail en Europe qui réfléchit à ces questions et, donc, il faut que la réflexion nationale s'inscrive dans ce cadre ; Troisièmement, il ne faut pas entrer dans des schémas qui découpent les banques universelles, les banques universelles françaises sont robustes, c'est un bon modèle d'organisation.


JEAN-PIERRE ELKABBACH

Donc en combien de temps il faudrait pour appliquer, combien de temps faudrait-il ?

FRÉDÉRIC HOUDEA

Eh bien tout dépend de l'ampleur des réformes ! Mais dans le contexte actuel soyons prudents, n'ayons pas de réformes immédiates, il faut se concentrer déjà sur les réformes en cours.


JEAN-PIERRE ELKABBACH

Et dernier mot ! Quelles sont vos relations avec le pouvoir de Gauche actuel, Monsieur OUDEA, vous les banquiers ?

FRÉDÉRIC OUDEA

Elles seront très bonnes parce que nous sommes tous engagés collectivement dans la croissance dans notre pays, c'est ça, un enjeu qui nous concerne tous. [ ...]

 
 
 
 
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