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01 février 2011

"Pendant la crise, nous avons pu continuer à financer l'économie"

Interview d'Ariane Obolensky, directrice générale de la FBF, sur Europe 1 le 31 janvier 2011

 

WENDY BOUCHARD

" Interview Eco ", c'est Martial YOU que nous retrouvons pour ce rendez-vous avec des banques au coeur de l'info vraiment cette semaine Martial.


MARTIAL YOU

Oui, entre le retour de la taxe TOBIN, voulu par Nicolas SARKOZY pendant le G20, l'encadrement des bonus, on a beaucoup de choses à aborder ce soir avec la représentante des banques française. Ariane OBOLENSKY, bonsoir.


ARIANE OBOLENSKY

Bonsoir.


MY

Le patron de GOLDMAN SACHS, on a appris ça ce week-end, aux États-Unis vient de voir son salaire multiplié par trois pour atteindre environ deux millions de dollars, alors que les profits, eux, de la banque ont chuté de 37% sur l'année dernière. Vous trouvez ça choquant ou bien vous comprenez ?


AO

C'est un autre univers, je crois que c'est ça qu'il faut comprendre. On parle de banques, mais ce ne sont pas les mêmes banques, ce n'est pas le même métier. Ce n'est pas le même

environnement culturel, ce ne sont pas les mêmes chiffres, et ce ne sont pas les mêmes règles.


MY

Ce que vous demandez, vous, c'est que, puisqu'on demande aux banques françaises s'appliquer des règles, d'encadrer les bonus, eh bien, que les Américains - on vient d'en parler - ou les Asiatiques fassent la même chose, parce que sinon, vous voyez vos cerveaux partir, c'est ça ?


AO

Non seulement, nous allons être victimes d'une concurrence déloyale de ce fait, mais je pense surtout qu'il y aura des trous dans la réglementation. Et une réglementation qui n'est pas universelle, c'est une réglementation qui génère des risques pour l'ensemble du système.


MY

Dans ses objectifs du G20, Nicolas SARKOZY milite pour une sorte de taxe TOBIN, c'est-à-dire une taxe sur les transactions financières, là, vous dites : stop au mille-feuilles de taxes qu'on impose aux banques ou bien vous soutenez l'idée ?


AO

Il faut surtout se dire quelle sera très difficile à mettre en place, nous ne croyons pas qu'on pourra arriver à la mettre en place dans de bonnes conditions. Et il est essentiel qu'elle puisse être appliquée partout, sinon, elle sera au contraire perverse, elle aura de mauvais effets, et elle entraînera les masses de capitaux vers des zones non régulées. Donc je pense qu'il sera très difficile d'arriver à un résultat satisfaisant.


MY

La BANQUE DE FRANCE vient de publier le bilan des crédits accordés aux particuliers et aux entreprises en 2010, et là, les banques, apparemment, ont continué, contrairement peut-être à l'idée qu'on a, à prêter de l'argent, continué aussi bien aux particuliers qu'aux entreprises. Et en France, plus qu'ailleurs.


AO

Oui, malgré des circonstances difficiles pendant la crise, nous sommes heureux d'avoir pu continuer à financer l'économie. Nous l'avons fait à tout moment, plus même que dans les

autres pays européens, puisque nous avons des performances qui sont substantiellement supérieures. A l'heure actuelle, les chiffres montrent une certaine reprise, puisque le crédit aux TPE, PME progresse à une vitesse annuelle de plus 5%, et c'est encore supérieur pour ce qui concerne les crédits à l'habitat.


MY

Ariane OBOLENSKY, même Reine-Claude MADER, la patronne de la CLCV, l'association de défense des consommateurs, reconnaît que des efforts ont été faits sur les tarifs bancaires. Ce n'est pas si fréquent qu'elle distribue de bons points, Reine-Claude MADER, aux banquiers. Des tarifs bancaires qui n'ont pratiquement pas bougé sur un an. Ouf ?


AO

Ce n'est pas la première fois, l'an dernier, ils avaient même baissé, mais je crois que, en effet, il y a des progrès qui sont faits, et puis il y a un autre domaine dans lequel nous avons cherché à nous améliorer aussi, c'est celui de la clarté, la lisibilité de la banque pour le particulier...


MY

Ah, ça, j'allais vous en parler, Ariane OBOLENSKY, parce que c'est quand même encore ce sur quoi on vous critique, y compris d'ailleurs Christine LAGARDE, qui vous a demandé il n'y a pas si longtemps de faire des efforts, et quand on regarde le rapport de la CLCV, on voit que tous les tarifs ne sont pas forcément clairs, que parfois, si on choisit un package, c'est plus avantageux que si on n'en prend pas, qu'il y a des grosses différences entre les banques, il y a quand même encore beaucoup de flou pour le consommateur.


AO

Sur ces questions de lisibilité, de transparence, comme on dit souvent, nous avons fait beaucoup, beaucoup d'efforts. On peut avoir le coût de sa banque annuel, le coût de sa banque mensuel bientôt ; on peut avoir également un glossaire de termes, qui vous explique les références, on a un sommaire type pour les multiples documents, que ça soit sur internet ou sur base de papier ; bref, nous avons fait beaucoup d'efforts, ce qui ne nous a pas empêché de proposer à madame LAGARDE effectivement, quand elle nous a demandé d'aller encore plus loin, immédiatement, de faire un nouveau pas : dix services seront normés, ils seront présentés d'une manière homogène très accessible par les banques, de manière à faciliter la vie du consommateur de services bancaires qui veut comparer. Alors, je sais, on n'a jamais fini, mais c'est vrai que nous avons l'impression que ça fait un certain temps qu'on essaie tout de même de s'améliorer.


MY

Merci Ariane OBOLENSKY, directrice générale de la Fédération bancaire française.


AO

Au revoir.


WB

Madame, Monsieur, merci beaucoup. C'était " L'interview du décideur économique. "


 
 
 
 
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