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09 mai 2012

"Une économie forte passe par des banques fortes"

A la suite de l'élection présidentielle, Frédéric Oudéa, Président de la FBF, s'exprimait au micro d'Europe 1 le 8 mai dernier.

 

LUC EVRARD

Vous êtes PDG de la SOCIETE GENERALE mais aussi président de la Fédération bancaire française. Les Français viennent d'envoyer à l'Elysée un président qui en début de campagne désignait la finance comme l'ennemi. Alors, comment accueillez-vous cette élection ? Vous n'êtes pas en guerre ?

FREDERIC OUDEA

Non, les Français bien sûr et la démocratie s'est exprimée. C'est très bien et il faut maintenant qu'on se tourne tous vers l'avenir ; les banques françaises qui constituent un enjeu essentiel en termes d'emploi, d'activité économique, qui sont prêtes bien sûr à aider à trouver des solutions, je vous le rappelle, une économie forte passe par des banques fortes.

LUC EVRARD

Justement, dans son programme, François HOLLANDE prévoit d'obliger les banques à séparer leurs activités de banque de détail de leurs activités de marché, les plus spéculatives. [...]

FREDERIC OUDEA

[...] Deux choses sur ce sujet : d'abord, ce qui est parfaitement légitime, c'est de dire " il ne faut pas que l'argent des épargnants, des déposants soit exposé bien sûr inutilement et soit mis en risque finalement par des activités qui ne servent pas l'économie. " On est tous d'accord. La deuxième chose, c'est que toutes les réflexions concernant l'organisation des banques doivent être à mon sens considérées à un niveau européen et il y a d'ailleurs un groupe de travail lancé par la Commission européenne sur ces sujets pour voir si, au fond, depuis le début de la crise et avec les règlementations déjà arrêtées - je pense à Bâle III qui a pour but de rendre justement le système plus solide - il y a encore à faire du point de vue de l'organisation des banques.

LUC EVRARD

Le risque, ce serait qu'on adopte des mesures en France qui handicaperaient les banques françaises, c'est ça votre crainte ?

FREDERIC OUDEA

Le risque, c'est qu'on ait des mesures qui handicapent le financement de l'économie parce qu'avec Bâle III, on va avoir besoin d'activités de marché pour financer les entreprises.

[...]

LUC EVRARD

Justement, le débat dans la campagne a beaucoup porté sur le dilemme entre l'austérité et la croissance, Il faut de la croissance ? Il faut tout faire pour la réamorcer cette croissance ?

FREDERIC OUDEA

Pour réduire l'endettement, il faut effectivement de la croissance. La question à mon avis clé, c'est : est-ce que cette croissance vient d'abord de réformes structurelles et lesquelles ou au fond de dépenses publiques supplémentaires ? Et c'est ça, je pense, qui va être le grand débat...

[...]

LUC EVRARD

Beaucoup sont choqués quand même de voir que la Banque centrale vous prête à 1% et que vous, cet argent, eh bien, vous en disposez à des taux de marché que vous faites payer à ceux à qui vous prêtez à des taux trois, quatre, jusqu'à six fois supérieurs selon la qualité des clients. Quelle est votre réponse à ça ?

FREDERIC OUDEA

Il faut vraiment être très clair. Les montants nets de la Banque centrale ayant alimenté les banques, c'est environ 500 milliards d'euros. Deuxièmement, c'est un argent qui est un filet de sécurité en fait et ce filet de sécurité permet aux banques françaises justement de continuer à financer l'économie française.

[...]

 
 
 
 
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